De Melbourne à Sydney et Cairns par les terres

De Melbourne à Sydney et Cairns par les terres

De Melbourne à Sydney et Cairns par les terres

 

Point encore rassasiées de paysages montagnards, nous partons à leur conquête.

SNOWY MOUNTAINS

Première destination : les Snowy Mountains. Pour cela nous quittons le Victoria pour franchir la frontière du New South Wales et emprunter la route goudronnée  la plus haute d’Australie : la Great Alpine Road qui serpente sur 308 kms. Le point culminant se trouve à 1845m et notre petit van ne se fera pas prier pour rouler sur les routes sinueuses.

Il est plutôt habitué aux longues lignes droites sans dénivelé mais cette fois-ci, ce sera des côtes et des virages, une fois n’est pas coutume !! Les monts se découpent à l’horizon et notre sourire se révèle sur nos visages. De courageux cyclistes partagent également notre route. Et bien sûr, une fois arrivées  au sommet, il faut redescendre par l’autre versant. C’est facile de faire tout ça en voiture mais maintenant, que pensez-vous de le faire à pied, en gravissant un sommet ? Et pas n’importe lequel, LE Mount Kosciuszko sera notre terrain de jeu.

MOUNT KOSCIUSZKO

Tout d’abord, une petite présentation s’impose. Le Mount Kosciuszko, quézako ? Il s’agit du plus haut sommet d’Australie : 2228m d’altitude… Bon, on imagine d’ici vos petits sourires en coin et vos pensées ! Certes, rien à voir avec le Mont Blanc mais tout de même. Quand nous avons su qu’il s’agissait du plus haut sommet du pays, nous savions que nous le ferions. Il nous aura fallu attendre une journée pour pouvoir emprunter le Main Range Track sans trop de difficultés, de brouillard, de neige, de pluie… Une journée à attendre un jour meilleur et bingo, un beau jour s’offre à nous. Chaussures aux pieds, vestes de pluie, bonnets et lunettes de soleil, nous sommes prêtes !! Au final, 22 kms de marche avec, pour récompense en milieu de chemin, le sommet du Mount Kosciuszko.

Nous apprécions la diversité des paysages puisque nous devons en premier lieu traverser des rivières pour ensuite effectuer une longue montée dans la neige et la glace. Difficile de voir à plus de 15m, la prudence est donc de rigueur. Les kilomètres s’enchainent et plus que 900m nous séparent du sommet. Allez, on tient le bon bout … ça y est, nous sommes au sommet !! Un appareil photo pour immortaliser tout ça, quelques clics, une petite discussion avec un australien et nous sommes frigorifiées, prêtes à redescendre pour se réchauffer dans un refuge. La fin de la rando se fera sans difficulté, en descendant tranquillement par un autre chemin. Nous l’aurons eu notre neige australienne. Pas de ski mais une belle marche 🙂 Yes we did it, we climbed the Mount Kosciuszko !!

CANBERRA

Mais ne nous attardons pas trop longtemps, nous devons rejoindre Cairns (dans le Queensland) avant mi-juillet pour l’arrivée tant attendue de notre famille. C’est donc par Canberra que se poursuit notre route. Canberra est située dans l’Australian Capital Territory, un territoire à part entière. Et pour ceux qui seraient nuls en géographie, c’est aussi la capitale de l’Australie.  Non non, on voit d’ici vos désillusions… Ce n’est pas Sydney la capitale comme beaucoup pourrait le croire. Mais bon, Canberra n’a guère d’intérêts. En effet, suite à plusieurs discussions avec les locaux, bon nombre d’entre eux n’y ont jamais mis les pieds. C’est juste un carrefour politique pour le pays. Nous ferons donc juste une brève apparition pour voir le Parlement (le nouveau et l’ancien), le Sénat et tous les bâtiments de ce genre.

Jolis mais rien de plus, les locaux avaient raison ! Nous pourrons juste dire que nous y sommes passées et surement le déconseiller à ceux qui viennent en court séjour en Australie. Il y a tellement d’autres villes à visiter avant Canberra. Enfin bref, ce n’est que notre avis.

JERVIS BAY

Et nous allons être vite consolées grâce à Jervis Bay, un petit coin de paradis sur la côte en direction de Sydney. Malgré nos revendications pour la beauté des montagnes comparée aux plages, nous restons subjuguées par celles de Jervis Bay.

Hé oui, nous savons apprécier la sérénité de ce lieu, le sable immaculé, l’eau claire, l’immensité, la propreté, comme une plage vierge, exempt de tout être humain. Nous étions en effet les seules à fouler le sable ce jour-là. Enfin presque, seulement trois touristes (bien évidemment français) partageaient la plage avec nous mais ils restaient à nos yeux invisibles, tellement le calme régnait.

Mais le calme ne règne jamais bien longtemps, surtout en présence du blowhole de Kiama, ce geyser naturellement puissant et bruyant qui souffle de l’eau de mer jusqu’à 20m de hauteur.

 SYDNEY

A force de rouler, rouler, rouler, nous voici enfin à Sydney où une petite visite des coins touristiques s’imposent. Avec un plan de la ville en main, nous voilà livrées à nous-mêmes dans les rues de cette grande ville.

Place tout d’abord à l’Harbour Bridge, le pont le plus célèbre de la ville, que nous prenons plaisir à découvrir à pied. Charmante petite balade mais le bruit des voitures et le vent ont eu vite raison de nous.

Nous redescendons donc voir l’Opera House, très belle architecture en forme de bateau paraît-il. L’imagination est de rigueur dans ces moment-là… Evidemment, nous ne sommes pas les seules à contempler cette œuvre d’art mais nous savourons ce moment en présence du soleil.

 Qui dit soleil, dit plage ! Nous continuons donc notre tour de Sydney avec Bondi Beach, la célèbre plage des surfeurs. Nous y foulons le sable pour observer et envier les sportifs sur la vague car il est trop tard pour nous d’envisager une quelconque pratique. Nous avons en effet un match de Super Rugby au Stade Alliance de Sydney qui nous attend !

Ca y est, bien installées confortablement (mais pas chaudement) sur nos sièges réservés sur internet quelques jours auparavant, nous contemplons les joueurs en action. Après les matchs de cricket et de footy déjà expérimentés, nous voilà embarquées dans les tribunes pour encourager l’équipe du New South Wales, les Waratahs contre celle d’Hamilton (Nouvelle-Zélande), les Chiefs. Nous n’avons malheureusement pas eu le droit au fameux haka mais à une folle ambiance autour de nous. Nous nous sommes vite prêtées au jeu des encouragements et autres cris de guerre ce qui a permis aux Waratahs de gagner haut la main (45-25) ! Au final, très belle journée et soirée, à Sydney, que nous quittons rapidement pour arpenter les routes en direction des Blues Mountains.

 BLUE MOUNTAINS

Nous poursuivons effectivement nos découvertes avec cette magnifique chaîne de montagnes située à l’ouest de Sydney. Son nom, les Blues Mountains, proviendrait de la vapeur bleutée provoquée par l’huile volatile des eucalyptus quand la chaleur de l’air est suffisante. L’immensité de ce lieu est impressionnante et le calme est fascinant.

Nous apercevons les « Three Sisters » dans ce panorama fabuleux, un site incontournable et magique de par ses formations rocheuses constituées de couches de grès horizontales empilées les unes sur les autres depuis des millions d’années. Les falaises sont vertigineuses, les gorges sont tapissées de fougères, les cascades sont splendides et les ravins sont bien escarpés.

En résumé, un premier jour à contempler ces beaux paysages par un petit chemin sur les hauteurs, avec, par-ci, par-là, des oiseaux toujours autant colorées. Le second jour sera plus trépidant en arborant des chemins pittoresques au fond des gorges.

Ca y est, nous voici dans les « profondeurs » des Blue Mountains. Le sentier que nous empruntons prend naissance sur les hauteurs et s’enfonce abruptement dans les gorges par l’intermédiaire d’escaliers. Au plus près de la roche, nous parcourons des kilomètres, bien heureuses d’avoir la chance d’être au milieu de ces montagnes. Les cascades coulent le long des roches, le soleil illumine nos pas et la végétation nous donne un second souffle.

Nous profitons pleinement de cette journée en milieu naturel car il est maintenant tant de partir ailleurs. Ailleurs certes, mais pas bien loin. Après un bref arrêt à Tamworth (ville des cowboys), retour sur la côte est avec Byron Bay, une autre baie des surfeurs. Mais ce jour-là, seulement quelques dizaines de planches à l’horizon. L’air frais a dû en décourager plus d’un ! Enfin bon, même nous, maintenant maîtresses en la matière, avons refusé de tester la vague. C’est pour dire !!

En remontant la côte, nous sommes également restées subjuguées par la Sunshine Coast et ses allures de cartes postales. Mais entre nous, c’est tout de même plus joli en vrai. Seulement les plus chanceux pourront le dire et chanceuses, nous le sommes ! Nous ne sommes en revanche point égoïstes et nous partageons avec grand plaisir ce moment ensoleillé, en espérant qu’il vous apporte tout le soleil dont vous aurez besoin…

OUTBACK

Après un long détour dans l’outback via Taroom, Longreach, Winton, Hughenden et Townsville, nous rejoignons les magnifiques terres de la Tablelands region, constituée de charmantes petites villes telles que Milla milla, Kairi, Atherton, Yungaburra, Mareeba, Kuranda… Avec sa verdure, ses collines, ses routes sinueuses, ses champs de vaches…, cette région n’a rien à envier à la Franche-Comté. Enfin, peut-être le Comté… !

Bref, tout ça pour vous présenter, encore une fois, la chance que nous avons de pouvoir séjourner actuellement dans ce petit coin de paradis et d’avoir eu l’opportunité de voir des Platypus. Des plat-type-… quoi ?? Des ornithorynques pour les européens ! Ces charmantes petites bêtes à poils et pourvues d’un bec vivent en milieu humide et sont très difficiles à apercevoir (seulement à l’aube et au crépuscule). Armées de patience, nous avons scruté durant quelques heures le moindre mouvement à la surface de l’eau et leurs brèves sorties pour respirer ont enfin fait le bonheur de nos yeux. Des tortues ont également pointé le bout de leur nez ce jour-là, dans la Peterson’s Creek à Yungaburra.

TABLELANDS

C’est également dans ce petit bourg que nous apercevons les autochtones jouer aux boules, prononcé « bowls » en Australie. Il s’agit en fait d’un mixte entre la pétanque et le bowling. Très intéressant à découvrir et les australiens ne cesseront donc jamais de nous étonner avec leur sport en tout genre !

Après avoir découvert la région des Tablelands en long, en large et en travers pour dénicher le moindre petit job permettant de renflouer le portefeuille, nous nous rendons vite compte que la saison (ici l’hiver) n’est pas idéale pour la cueillette de fruits/légumes en tout genre… Tant pis pour la rémunération et place à nos envies, nos passions : s’occuper pendant quelques semaines d’animaux (vaches, moutons, chevaux…). C’est donc grâce à Linda et sa petite famille que ce rêve a pris forme depuis mi-juin aux alentours de Yungaburra. Elle cherchait en effet deux personnes pour s’occuper de ses 31 chevaux (dont 7 poulains et 6 juments enceintes) et 23 poules en échange du logement et de la nourriture.

A peine arrivées à la ferme « Russell Pocket Lodge », la magie opère. Les chevaux broutent dans les prés, les poules picorent du pain dur, deux chiens gambadent partout, les oiseaux chantent, les wallabies sautent…, autant dire qu’il y a de la vie ici et qu’on va s’y plaire !

Effectivement, nous y prenons goût à cette vie à la ferme, comme de vraies petites femmes de la campagne. Mais à quoi ressemblent nos journées ? Réveil à 6h50 pour sauter dans nos bottes et « jumper » dans le Ranger (buggy) auquel est attelée une charrette remplie de seaux de nourriture. Foin, avoine, soja, protéines…, chaque pensionnaire (même les poules !) aura sa propre quantité, sans faire de jaloux. Mais pas facile tous les jours puisque certains font leur chef pour manger en premier tandis que d’autres attendent sagement, s’impatientent en grattant le sol ou se font gentiment pousser ailleurs. Ce sont ainsi les lois des prés mais quel plaisir de les voir galoper ou se cabrer dans tous les sens pour venir manger !

En parlant de manger, c’est quand qu’on mange nous ? Rassurez-vous, nous prenons quand même le temps de petit-déjeuner, de déjeuner et de vaquer à nos occupations tout en réalisant d’autres tâches de la ferme, lorsque bon nous semble. Et au programme : jardinage, désherbage, ramassage de cailloux dans les paddocks pour éviter que les chevaux se blessent, nettoyage des écuries, chouchoutages des chevaux (caresses, brossage…), apprentissage de la présence de l’homme pour les poulains…

Encore des moments pleinement savourés en compagnie des chevaux avant de repartir pour une deuxième tournée de nourriture à 15h. Et rebelotte, nous arpentons les prés avec le Ranger pour nourrir tout le monde, sans oublier la récolte des excellents œufs et des quelques agrumes du verger. Une fois tout ce petit monde rassasié, la douche et le diner s’imposent ainsi qu’une bonne nuit réparatrice.

Chaque jour, ce schéma se répète. Mais, de temps en temps, une visite chez le vétérinaire (car deux chevaux sont blessés à la jambe), la venue du maréchal-ferrant, la vente de poulains ou le dressage de certaines chevaux changent notre quotidien.

Une chose est sûre, nous apprivoisons vite chaque cheval, savourons notre nouvelle vie aux écuries et tous vont nous manquer.

Caro. (et Julie)

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